Comprennez-vous les écritures?
Alexandre Pezet.
Tout le monde ne comprend pas les Ecritures. Nous savons que ce n'est pas avec l'intelligence que nous pouvons les comprendre,
ce n'est pas réservé à une élite composée de théologiens, de philosophes ou autre intellectuels, Jésus nous le rappelle (Mt11,25)
« En ce temps–là, Jésus prit la parole, et dit : Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents,
et de ce que tu les as révélées aux enfants. »
Il faut avoir un cœur bien disposé pour comprendre les Ecritures.
On peut se demander comment comprendre les Ecritures?
Le Seigneur nous aide à répondre à cette question en nous montrant ceux qui ne comprennent pas les Ecritures.
En effet, certains sont dans l'erreur et Jésus les reprend pour les enseigner.
Nous le voyons au travers de cette remarque des saducéens sur la résurrection (Mt 22), pour finir nous voyons la réponse de Jésus (Mt22,29)
« Jésus leur répondit : Vous êtes dans l’erreur, parce que vous ne comprenez ni les Ecritures, ni la puissance de Dieu. »
Au verset 33, on nous dit que la foule était frappée de l'enseignement de jésus. Nous savons qu'il enseignait avec autorité.
Si l'enseignement de Jésus paraissait nouveau, nous savons qu'il s'appuyait constamment sur la Torah.
Cet enseignement parfois considéré comme révolutionnaire n'est en réalité que l'accomplissement de la loi.
Les juifs religieux connaissaient bien la Torah. Ils étudiaient les textes,
tout était prévu, codifié, les lois étaient connues parfaitement.
Au fil du temps, la Torah était devenue un livre de lois, comme pour nous le code civil,
elle avait perdu son rôle premier, son essence, elle n'était plus la révélation de Dieu.
Nous pouvons être sur que c'est là une grave erreur, la Bible n'est pas un livre de lois mais la révélation de Dieu.
Il ne faut pas considérer la Bible comme un simple livre rempli de règles à respecter, mais comme la Parole de Dieu.
La clé est là, comprendre les écritures dépend de ce que représente les écritures pour nous.
Nous devons sérieusement nous poser la question. Est-ce livre moraliste? Utile pour nous aider à vivre une vie juste ;
un livre d'histoire? Utile pour les archéologues et les passionnés d'histoire ; un livre philosophique?
Utile pour notre réflexion intellectuelle ; Tout le monde ne porte pas le même regard sur ce livre et n'en tire donc pas le même enseignement.
On peut la lire et en retirer des enseignements intéressant mais, comme les pharisiens, nous pourrions entendre cette remarque de Jésus
« vous ne comprenez ni les Ecritures, ni la puissance de Dieu »
Souvenez-vous de cette question posé par ce pharisien : « Maître, quel est le plus grand commandement de la loi ? » (Mt 22,36)
Vous connaissez la réponse de Jésus-Christ : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée.
C’est le premier et le plus grand commandement. »
La réponse est là.
Ce n'est pas connaître un livre qui est important, mais c'est connaître la personne de Jésus-Christ.
Et ce n'est pas le connaitre avec l'intelligence mais c'est l'aimer avec son cœur, son âme et toute sa pensée. C'est cela comprendre les écritures.
La Parole de Dieu n'est pas un livre de loi, sinon nous serions sous le règne du légalisme qui se définit par la possibilité de chercher à être sauver par les œuvres.
Nous avons tous cette tendance en nous à vouloir être légaliste par certains moments. Il faut être prudent.
Le légalisme pose quelques problèmes, il nous oblige à prévoir toutes les situations envisageables et à avoir ainsi une réponse toute faite.
Lé légalisme se doit d'être prévoyant et rigoureux.
Jésus reproche aux pharisiens leur légalisme, en particulier les jours de sabbat.
En Mt 12,11-12 : « Il leur répondit : Lequel d’entre vous, s’il n’a qu’une brebis et qu’elle tombe dans une fosse le jour du sabbat,
ne la saisira pour l’en retirer ? Combien un homme ne vaut–il pas plus qu’une brebis ! Il est donc permis de faire du bien les jours de sabbat. »
On voit bien le piège du légalisme.
Il offre deux possibilités aux religieux : être très rigoureux avec la loi ou au contraire être un peu filou.
Si l'on veut être un bon religieux, on va s'appliquer à respecter toutes les règles, cela nécessite d'être très rigoureux,
normalement on s'aperçoit vite que nous sommes incapable de respecter parfaitement la loi.
Le côté filou du religieux va le pousser à respecter la loi mais en cherchant toujours non pas à l'enfreindre
mais à la contourner sans être hors la loi. Nous connaissons tous cela, prenons comme exemple le mensonge par omission.
Il est facile de dire que nous n'avons pas menti pourtant on peut avoir été malhonnête sans avoir menti,
et on va facilement se réfugier derrière « la loi » pour se justifier et dire qu'on a respecter le commandement de Dieu ;
c'est cela le côté filou du légaliste, chercher à détourner la loi tout en la respectant, cela permet surtout de soulage sa conscience.
Mais j'avoue avoir du mal à critiquer le légalisme parce que cela risque de nous conduire sur une autre voie : celle de l'hyper-grâce.
Finalement, quand on veut pouvoir faire ce que l'on veut, il suffit de critiquer le légalisme, on se libère ainsi de toute contrainte,
c'est merveilleux! Si quelqu'un vous fait une remarque, vous le traitez de légaliste et hop, le problème est réglé, vous êtes libre de faire ce que vous voulez.
C'est extraordinaire comme trouvaille l'hyper-grâce...pouvoir faire ce que l'on veut pour ne pas être légaliste et ne pas être sous la loi.
Mais alors que faire des enseignements de Jésus, des conseils de Paul...? On balaye tous leurs enseignements?
On ne va pas citer tous leurs paroles qui nous encouragent à ne plus pécher, à nous sanctifier, à changer nos vies...
elles sont trop nombreuses... de toute façon l'hyper-grâce nous permet de les ignorer.
L'hyper-grâce est surtout une très bonne excuse pour ne pas changer.
Dieu m'aime! Pourquoi changer?
N'avez-vous jamais entendu ça?
Se servir de l'amour de Jésus pour ne pas lui obéir est une œuvre de l'ennemi. C'est une abomination! C'est se moquer de Dieu!
Jésus vous aime, mais il n'aime pas le péché, et il n'aime pas que nous pratiquions le péché.
Inutile d'invoquer l'amour de Dieu pour justifier nos actes.
Par contre, quand nous revenons à lui avec un cœur repentant, alors oui, le Seigneur est bon pour nous pardonner.
Que ce soit l'hyper-grâce ou légalisme, le risque est de faire dire à la Parole de Dieu ce qu'on veut.
On peut être sincère mais ça ne suffit pas pour être sauvé.
On ne choisit pas le moyen d'être sauvé.
Nous le voyons bien dans toutes les interrogations des pharisiens... toujours à chercher à se justifier et à déstabiliser Jésus.
En droit, on parle de la loi et de l'esprit de la loi.
C'est pareil avec la Parole de Dieu, on va chercher à jouer avec les mots pour savoir ce qu'il a dit exactement
ou pas alors qu'il faut chercher l'esprit de la loi, c'est à dire ce qu'il a voulu dire.
Et on peut savoir cela en apprenant à connaître à Jésus, en passant du temps avec lui.
Comprendre les écritures c'est chercher Jésus en étant de bonne foi, qu'est-ce que J. attend de nous?
Reprenons l'exemple du mensonge par omission. On voit bien que c'est le plus souvent une excuse pour être en règle avec la loi
mais on se préoccupe pas alors de savoir quelle est la volonté de Dieu, de savoir si nous avons été honnête.
Si la caissière du magasin se trompe en vous facturant ou en vous rendant la monnaie, comment réagissez-vous?
Après tout c'est elle qui s'est trompé, vous n'avez rien fait de malhonnête...
vous pouvez trouver des justifications à ne rien dire mais si vous connaissez le Seigneur et que vous êtes de bonne foi, vous savez ce que vous avez à faire.
N'essayez pas de piéger Jésus avec vos arguments, les pharisiens ont essayé, il n'y sont jamais arrivé.
Quand on voit la réponse de Jésus alors qu'ils ont voulu lui tendre un piège avec une simple pièce monnaie,
on se dit qu'il est inutile d'essayer de confondre Jésus-Christ avec notre argumentation religieuse.
Jésus a toujours répondu à la loi par l'esprit de la loi.
On le voit bien lorsqu'il parle du divorce. C'est un très bon passage pour comprendre cet esprit de la loi qui animait Jésus.
On peut le lire en Mt 19,8-11 : « Il leur répondit : C’est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes ;
au commencement, il n’en était pas ainsi. Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité,
et qui en épouse une autre, commet un adultère. Ses disciples lui dirent : Si telle est la condition de l’homme à l’égard de la femme,
il n’est pas avantageux de se marier. Il leur répondit : Tous ne comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela est donné. »
Voyez l'esprit de la loi, la volonté de Dieu!
Et voyez comment l'homme l'a détourné par la dureté de son cœur.
Et là encore, observez comment ils répondent à Jésus « Si telle est la condition de l’homme à l’égard de la femme,
il n’est pas avantageux de se marier » ...en argumentant, c'est à dire en considérant ce que Jésus a dit et non pas le sens de ce qu'il a voulu dire.
On retrouve souvent cette façon de raisonner chez l'homme, on peut prendre comme exemple le divorce ou encore la dîme.
Il ne s'agit pas de porter un jugement sur le divorce mais sur sa justification. On essaye de se donner bonne conscience,
d'avoir l'approbation de Dieu et donc on cherche à se justifier. On essaye d'inclure Dieu dans notre décision.
On retrouve cette façon de faire pour la dîme. L'hyper-grâce nous encourage à ne pas donner sous prétexte
que nous sommes plus sous la loi (ça arrange bien!), en réalité si on recherche la volonté de Dieu,
on va savoir que le Seigneur nous demande de donner et de bénir son Eglise.
Quand on se justifie, on a toujours l'impression d'être un bon avocat.
Les avocats cherchent toujours une faiblesse dans la loi.
Quel mot, quelle phrase dans le texte va t-on pouvoir utiliser pour convaincre et échapper à la condamnation.
La bonne foi ne vous conduit pas à chercher la loi et sa faiblesse mais l'esprit de la loi.
Au verset 11, il est dit : « tous ne comprennent pas cette parole. »
La réponse de Jésus résume exactement cela.
Si vous ne voulez pas comprendre, ne comprenez pas! Si vous n'avez un cœur bien disposé pour comprendre
et que chercher la faille dans mon discours, laissez tomber! Ne comprenez pas!
La Parole de Dieu ne donne pas des réponses pour tous les cas de figure mais quand on connait le Seigneur on sait la décision à prendre parce qu'on le connait lui.
On n'a alors plus besoin de se justifier en argumentant. On peut se tromper mais le Seigneur est bon pour ceux qui recherchent la vérité.
Encore une fois, ce n'est pas une raison pour faire ce que l'on veut, c'est une raison pour faire que Jésus veut.
Souvent on fait coïncider ce que Dieu veut avec ce qu'on veut.
Apprenez à connaître Jésus, à connaître sa Parole et vous saurez quelle est la volonté de Dieu.
Lisez le passage sur la femme cananéenne en Mt 15,21-28.
« Jésus, étant parti de là, se retira dans le territoire de Tyr et de Sidon. Et voici, une femme cananéenne,
qui venait de ces contrées, lui cria : Aie pitié de moi, Seigneur, Fils de David ! Ma fille est cruellement tourmentée par le démon.
Il ne lui répondit pas un mot, et ses disciples s’approchèrent, et lui dirent avec instance : Renvoie–la, car elle crie derrière nous.
Il répondit : Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël.
Mais elle vint se prosterner devant lui, disant : Seigneur, secours–moi !
Il répondit : Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux petits chiens.
Oui, Seigneur, dit–elle, mais les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres.
Alors Jésus lui dit : Femme, ta foi est grande ; qu’il te soit fait comme tu veux. Et, à l’heure même, sa fille fut guérie. »
Elle a comprit l'esprit de la loi et a reçu l'approbation. Elle est passée par dessus la loi
« Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » Il y a de quoi être admiratif devant ce que cette femme cananéenne a fait.
Elle a persévéré, la loi l’empêchait d’être bénie mais elle est allée chercher la grâce, les miettes…,
elle avait conscience de ne pas avoir droit aux pains des enfants, mais elle n’est pas venue chercher
ce à quoi elle avait droit mais juste les miettes, et le Seigneur a répondu favorablement à sa requête.
On voit bien ici comment on passe de la loi à la grâce.
Le légalisme peut parfois nous empêcher de faire du bien comme pour la brebis le jour de sabbat ou pour une offrande (Mt 15,5-6 :
« Mais vous, vous dites : Celui qui dira à son père ou à sa mère : Ce dont j’aurais pu t’assister est une offrande à Dieu,
vous annulez ainsi la parole de Dieu au profit de votre tradition. C’est en vain qu’ils m’honorent, en enseignant des préceptes
qui sont des commandements d’hommes. Ayant appelé à lui la foule, il lui dit : Ecoutez, et comprenez. »)
La Parole de Dieu, C'est avant tout ces grands commandements de Dieu : Tu aimeras ton Dieu et tu aimeras ton prochain. (Mt 22,37).
C'est difficile d'enseigner cela parce que beaucoup profitent de l'amour de Dieu pour détourner la Parole de Dieu, Dieu est amour alors...
Il est bon de rechercher la justice de Dieu mais Jésus veut que notre justice soit supérieure à celle des pharisiens (Mt 5,17-20).
Comment faire? Cette justice on l'obtient par une relation saine avec Jésus-Christ. Elle se concrétise par l'amour, le pardon, la repentance,
l'acceptation de Jésus comme sauveur et la connaissance de la volonté de Dieu.
C'est cela comprendre les écritures, chercher Dieu et non pas des justificatifs pour nos actes.
Jésus a été plus dur que la loi : « Vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens : Tu ne tueras point ;
celui qui tuera mérite d’être puni par les juges. Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère
mérite d’être puni par les juges ; que celui qui dira à son frère: Raca ! mérite d’être puni par le sanhédrin ;
et que celui qui lui dira: Insensé ! mérite d’être puni par le feu de la géhenne » (Mt 5,21-22)
On voit bien que le légalisme ne mène à rien, ceux qui veulent atteindre la justice ainsi,
en appliquant la loi n'y arriveront pas et que ce n'est pas cela comprendre les écritures.
Ce n'est pas connaître les lois par cœur. C'est chercher à les vivre mais par Jésus-Christ, par sa personne, pas par un texte.
Trop souvent, on lit la Parole de Dieu comme un livre, c'est le piège, ce n'est pas un livre c'est la révélation d'une personne, et on doit toujours la lire ainsi.
Nous pourrons alors comprendre les Ecritures.
Soyons animé de l'esprit de la loi, soyons animé de l'Esprit Saint pour comprendre les Ecritures.
Frère Alexandre Pezet