Chassez le naturel !
Alexandre Pezet.
Tout le monde connait l'expression : Chassez le naturel et il revient au galop.
C'est bien tout le problème, notre naturel a tendance a revenir au galop, souvent plus vite qu'on ne le pense.
Finalement, combien sont devenus fatalistes face à leur nature? N'avez-vous jamais entendu : « je suis comme ça, je ne changerai pas... »
On laisse facilement notre naturel prendre le dessus. Pour certains philosophes, ce n'est pas vraiment un problème puisqu'ils croient que l'homme est bon,
que l'homme réussira à instaurer un monde de paix, de justice... grâce au "bon cœur" de l'homme.
Nous savons qu'il n'en est rien, le péché a fait basculer notre monde dans l'échec perpétuel,
toutes les tentatives de l'homme pour atteindre un monde idéal sont vouées à échouer.
La nature de l'homme le pousse dans l'égoïsme, la cupidité, la colère, la jalousie...
Prenons la colère, quand on voit le déchainement de violence dans nos sociétés,
on peut s'inquiéter de voir cet aspect de notre nature prendre le dessus et atteindre de telles extrémités.
On va argumenter en nous disant que la violence a toujours existé, c'est vrai! Mais quelle contradiction pour nos sociétés qui se disent civilisées,
qui prétendent apporter des solutions à nos problèmes, améliorer notre quotidien. On ne peut que constater l'échec de nos sociétés modernes à nous rendre bons
et heureux. Elles ne sont pas capables de changer le cœur de l'homme.
Je lisais récemment qu'il existait 5 stades dans la colère, de l'irritation à la rage.
Nous voyons déjà l'intérêt pour nous d'apprendre à nous maîtriser pour éviter d'atteindre ce dernier seuil de la colère.
Ce livre commentait la violence dans nos sociétés et finissait par une conclusion pertinente, il disait :
« avant on explosait pour un rien, maintenant on explose pour rien », c'est assez représentatif de ce que nous vivons,
la colère explose sans raison et s'exprime par la violence, le stade de l'irritation est dépassé depuis longtemps, nous en sommes à la rage.
La colère n'est qu'un exemple de naturel qu'il faut maitriser. Pour le chrétien, il s'agit d'une lutte,
nous ne devons pas accepter avec fatalité notre naturel sous prétexte que c'est trop dur de changer,
que Dieu nous aime tels que nous sommes, etc... Nous devons marcher dans la sanctification,
aspirer à marcher dans les pas de notre Seigneur Jésus-Christ, garder le contrôle, maîtriser notre naturel.
Pour les utopiques qui pensent que puisque nous sommes de nouvelles créatures, ce combat n'est pas le notre :
Félicitations! Vous répondez aux exigences de la lettre de Jacques, vous êtes parfaits.
Jacques 3.2 : « Nous bronchons tous de plusieurs manières. Si quelqu’un ne bronche point en paroles,
c’est un homme parfait, capable de tenir tout son corps en bride. »
Nous voyons bien que c'est là un combat que nous devons mener, nous devons tenir notre corps en bride,
l'apôtre Paul nous confirme que c'est une lutte :
1 Corinthiens 9.27: « Mais je traite durement mon corps et je le tiens assujetti, de peur d’être moi–même rejeté, après avoir prêché aux autres. »
On ne peut que constater que ce n'est pas naturel pour l'homme de tendre vers le bien. C'est une lutte et nous devons dominer notre naturel, l'assujettir.
Cette démarche est importante, laisser notre "mauvais"caractère prendre le dessus peut nous conduire dans des impasses,
peut nous amener à affronter des difficultés que nous avons nous mêmes causées par notre naturel.
Au travers d'un livre sur Moïse, j'ai beaucoup appris sur lui et sur son caractère.
Nous connaissons Moïse pour sa patience mais nous ne ne faisons pas attention à un autre aspect de sa personnalité : la colère.
Examinons la vie de Moïse
En Exode 2, nous voyons Moïse frapper et tuer un égyptien, que le motif soit valable ou non,
cela démontre un certain trait de caractère. Peu d'entre nous serions capables d'aller aussi loin même sous le coup de la colère. Moïse l'a fait.
Exode 11.8: Moïse quitte Pharaon dans une ardente colère. Tiens! Moïse est capable de s'énerver au point d'être dans une argente colère.
Dans Exode 32, nous retrouvons l'histoire du veau d'or et de la rébellion du peuple. Et que fait Moïse?
Il brise les tables de la loi. Il brise les tables qui étaient l'ouvrage de Dieu, ces tables écrites du doigt de Dieu.
Incroyable! Qui d'entre nous, s'il possédait ces tables, les briserait? Même sous le coup de la colère, peu le ferait,
avant de s'emporter, on poserait les tables à l'abri (de notre colère). Pourtant Moïse l'a fait,
il les a brisées, sous une juste colère, mais quand même... briser ces tables écrites du doigt de Dieu!
Voilà jusqu'où pouvait conduire Moïse lorsque son naturel colérique prenait le dessus.
En voit la désapprobation de Dieu quand il lui demande de refaire les tables. La première fois les tables étaient l'ouvrage de Dieu,
la deuxième c'est Moïse qui doit tailler les tables. On imagine ce que Dieu voulait lui dire « tu t'es énervé, tu as brisé les tables,
et bien maintenant tu dois les refaire, la prochaine fois tu réfléchiras avant de t'emporter. »
Plus tard, aux eaux de Mériba Moïse cède une fois de plus à la colère.
On retrouve ce passage dans Nombres 20
Au lieu de parler au rocher comme Dieu le lui a demandé, il le frappe deux fois.
Il était en colère, il traite le peuple de rebelles, il a raison d'être en colère pourtant son geste lui coûte cher.
Sa colère l'a conduit à désobéir à Dieu; et il le paye au prix fort, il n'entrera pas dans la terre promise.
Si vous ne luttez pas contre votre nature, vous risquez de prendre de mauvaises décisions et de vous priver ainsi des bénédictions prévues pour vous.
L'exemple de Moïse illustre parfaitement l'impact que peut avoir notre caractère sur les bénédictions à venir.
Soyons de imitateurs de Paul qui nous encourage à dominer sur notre chair, à chasser notre naturel et surtout à ne pas le laisser revenir au galop.
Et même dans les bonnes intention, notre naturel peut être un piège.
Regardez Pierre !
Jn 18.10-11: « Simon Pierre, qui avait une épée, la tira, frappa le serviteur du souverain sacrificateur, et lui coupa l’oreille droite.
Ce serviteur s’appelait Malchus. Jésus dit à Pierre : Remets ton épée dans le fourreau. Ne boirai–je pas la coupe que le Père m’a donnée à boire ? »
Son naturel reprend le dessus, et ce n'est pas la première fois.
Mt 16.22 : Pierre, l’ayant pris à part, se mit à le reprendre, et dit: A Dieu ne plaise, Seigneur !
Cela ne t’arrivera pas. Mais Jésus, se retournant, dit à Pierre : Arrière de moi, Satan ! tu m’es en scandale ;
car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes.
Des pensée d'homme... un naturel d'homme... On peut pas lui reprocher d'être mauvais, la cause était bonne mais c'était une pensée d'homme et
ça suffit à déplaire au Seigneur. Si nos pensées sont le fruit de notre naturel, elles sont un piège.
Pierre avait un caractère fougueux, et chaque fois que sa fougue prenait le dessus, il s'opposait (bien involontairement) à Dieu.
Les pensées de Dieu sont bien meilleures que les nôtres mais si nous sommes bien intentionnés.
Voyez ce qui est arrivé à Uzza lorsqu'il étendit les mains vers l'arche de Dieu (2S. 6.3-7).
Uzza a eu un réflexe humain. Nos réflexes sont conditionnés par notre naturel. Et dans la précipitation, le naturel revient au galop.
Uzza a agit rapidement, il n'a pas réfléchi à la volonté à Dieu, à être obéissant au seigneur, son réflexe a été humain,
son naturel a pris le dessus, il avait de bonnes intentions, mais ses bonnes intentions l'ont conduit à être désobéissant au Seigneur.
Le Seigneur ne veut pas que nous laissions cette part humaine dominer sur nous.
Si on ne prend pas garde, si on ne fait pas un effort, le naturel va agir en nous.
Heureusement la plupart du temps, nous sommes vigilants parce que nous sommes conscients des conséquences
(si par exemple nous insultons notre supérieur hiérarchique, nous sommes bien conscients des problèmes occasionnés par notre emportement,
aussi nous allons être prudent et dominer notre colère qui nous pousserait à agir impulsivement),
nous voyons bien qu'il est important de chasser ce naturel, d'autant plus quand nous servons le Seigneur, nous devons combattre les mauvais côté de notre nature.
Il n'y a pas de place pour notre part humaine dans les plans de Dieu. Chaque fois que Pierre a essayé, cela a été un échec retentissant..
Il faut apprendre à laissé le Seigneur accomplir ses plans sans que nous essayions d'y mettre notre grain de sel,
d'ajouter notre part naturelle, pleine de bonnes intentions, nous n'améliorerons pas le plan de Dieu, bien au contraire.
Le danger de nous laisser guider par nos penchants naturels peut nous conduire à la pire des extrémités :
2Pi2.20 : « En effet, si, après s’être retirés des souillures du monde, par la connaissance du Seigneur et Sauveur Jésus–Christ,
ils s’y engagent de nouveau et sont vaincus, leur dernière condition est pire que la première.
Car mieux valait pour eux n’avoir pas connu la voie de la justice, que de se détourner, après l’avoir connue,
du saint commandement qui leur avait été donné. Il leur est arrivé ce que dit un proverbe vrai :
Le chien est retourné à ce qu’il avait vomi, et la truie lavée s’est vautrée dans le bourbier. »
Si on ne résiste pas au naturel (rébellion, orgueil, crainte, colère), qu'on se laisse gagner par lui, il va nous conduire dans le mauvais chemin.
Nous allons retourner à notre vie de pécheur parce que c'est la direction que choisira notre chair si nous la laissons commander.
Nous devons apprendre à tenir notre corps en bride, à rechercher les fruits de l'esprit mais ne vous y trompez pas, ce n'est pas naturel, c'est un combat.
Frère Alexandre Pezet